Il y a comme un problème...

17 mai 2012

L'erreur de casting

Je pense qu'il est inutile de revenir sur la composition du premier gouvernement du quinquennat Hollande. Tout a été dit ou presque sur cette "parité exemplaire homme/femme", sur "l'ouverture aux minorités visibles", sur "la subtile alchimie" des courants à l'intérieur du parti socialiste, sur la personnalité des uns et l'inexpérience supposée des autres ou sur certains des intitulés de ministère qui rappellent aux nostalgiques de la Mitterrandie le si poétique "ministère du Temps libre".

Je pense aussi qu'au delà des joutes politiciennes, d'autant plus normales que nous sommes moins dans l'après-présidentielle que dans la préparation du scrutin législatif, ces hommes et ces femmes doivent disposer du temps nécessaire à faire la démonstration qu'ils sont effectivement dignes des fonctions que le couple de l'exécutif a décidé de leur confier. Si erreur de casting il devait y avoir, ces ministres et ministres délégués seraient naturellement moins responsables que ceux qui ont estimé qu'ils pouvaient apporter de la valeur ajoutée au poste octroyé, une valeur autre que celle purement partisane qui consiste à penser d'abord à respecter les équilibres internes à son parti politique avant de se projeter sur la satisfaction des besoins du pays.

Maintenant on peut quand même remarquer que les "15 grands ministères" sont déjà passés à 18 ; on peut aussi remarquer que les marins (pêcheurs) et plus largement le monde de la Mer ne disposent pas pour autant de leur ministère dédié - fut-il un ministère délégué. Pourtant c'était un autre engagement du candidat Hollande des dernières semaines de campagne. Certes, les promesses ne valent que pour ceux qui y croient, mais quand un candidat devenu président entend se targuer de valeurs en rapport avec la "parole donnée", ça fait tâche.

Non, le seul souci que j'ai avec cette composition de gouvernement, c'est le retour de Laurent Fabius à un poste de premier plan, stratégique qui plus est. Vous me direz que ce choix est pourtant doublement logique : "le plus jeune premier ministre" de la Vème République est l'un des seuls à disposer d'une vraie expérience ministérielle et il est le chef d'un courant du PS. Vous avez raison, ce choix est logique. Alors sans doute penserez-vous que j'ai une rancune particulière à son endroit en raison de la gestion de l'affaire dite du "sang contaminé"  ? Et là, vous auriez tort. Non que j'ai apprécié ce défilement collectif face aux responsabilités de la fonction et resté tristement fameux avec ce "responsable, mais pas coupable". Mais je sais aussi que la fonction, si haute qu'elle soit (ou justement à cause de cela)  ne permet pas forcément d'être en position de connaître tout sur tout.

Non, la raison qui me conduit à émettre un jugement négatif sur ce choix pour un ministère stratégique, c'est sa conduite scandaleuse lors de l'affaire du "Rainbow warrior". Je doute fortement qu'aucun média ne rappelle cette heure de "gloire" personnelle de M. Fabius, alors premier ministre, qui avait alors révélé publiquement les identités officielles des agents que l'Etat avait envoyé en Nouvelle-Zélande pour accomplir une mission au nom de la France. Quand vous servez votre pays en temps que soldat, et plus encore en tant que "soldat de l'ombre", la moindre des choses est que les plus hauts personnages de l'Etat ne vous jettent pas en pâture aux médias pour se "dédouaner" d'una action qui a mal tourné. Ce qu'il faut savoir, c'est que très souvent, famille et amis ne connaissent en rien la "double vie" de ces agents de renseignement, serviteurs de la raison d'Etat. M. Fabius n'était en rien forcé par un quelconque juge de révéler les identités de couverture de ces agents de la Direction Générale des Services Extérieurs (DGSE), et encore moins les identités réelles. Pourtant, M. "Couverture à soi" n'a pas hésité une seule seconde à lâcher volontairement toutes les informations qu'il détenait pour sortir sa petite personne d'embarras. A une époque où la question des essais nucléaires en Polynésie française relevaient de l'indépendance nationale stratégique, à un moment où c'était une guerre, certes médiatique, qui se jouait entre la France et des mouvements écologistes plus ou moins instrumentalisés par une Union Soviétique finissante, M. Fabius s'est rendu coupable de trahison. Avec un tel personnage à la conduite des Affaires étrangères, qui peut dire ce qui pourrait se passer au moment même où les tensions internationales gagnent en puissance, notamment avec la crise du nucléaire iranien ? On se rappellera la "riposte" de l'Etat socialiste aux meurtres des soldats français de la paix à l'hôtel Drakkar au Liban : le bombardement d'une plaine désertée par le mouvement terroriste du Hezbollah, "averti" par le ministre des Affaires étrangères de l'époque, M. Cheysson. Là au moins le pouvoir socialiste pouvait s'abriter derrière "la raison d'Etat" : faire montre de faiblesse pour ne pas enclencher une spirale terroriste... à laquelle la France n'a pourtant pas échappé. Mais la dérobade de M. Fabius était uniquement destinée à couvrir ses propres intérêts d'homme politique aspirant un jour à accéder à l'Elysée.

Alors oui, M. Fabius est une erreur de casting. Mais personne n'évoquera ce "détail de l'Histoire". Personne sauf ceux qui gardent en mémoire les manquements de ces personnages publics à leurs fonctions, à l'Etat et à la nation. C'est pour cela que ce blog existe aussi... Le devoir de mémoire au-delà du bourrage de crâne des médias adeptes du politiquement correct.  

 

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16 mai 2012

Dati exagère vraiment

Ah vraiment Rachida Dati est vraiment impayable. Bien entendu, les bisbilles et les inimitiés profondes n'existent pas seulement dans le parti socialiste. Qui peut douter que EELV est un vrai panier de crabes après cette campagne du soldat Joly, fusillée dans le dos notamment par celle qui ambitionnait plus un poste de ministre qu'une campagne écologiste digne de ce nom. Et l'UMP va démontrer dans les semaines et mois à venir qu'il n'avait pour seul ciment que la personne charismatique de Nicolas Sarkozy. Cela va saigner abondamment à l'UMP et cela a déjà commencé, notamment avec les commentaires tout à fait déplacés d'un Jean-Pierre Raffarin à l'encontre de Sarkozy, lui qui n'a même pas été capable de jouer un rôle quelconque dans cette campagne où son centre de coeur a fait défaut au candidat de l'UMP. Entrer dans la logique mentale du raisonnement du PS et abonder dans la stratégie de Mélenchon, c'est fort de café pour un ex-Premier ministre de droite, non ?! La retraite à 65 ans devrait s'imposer automatiquement aux élus....

Maintenant, la compétition entre les diverses ambitions personnelles - et les diverses lignes politiques de l'UMP -  les unes n'empêchant pas les autres d'ailleurs, donne droit à des sommets d'hypocrisie et à un vrai "foutage de gueule" à l'intention du peuple de droite. Entendre Rachida Dati, qui était en compétition avec François Fillon pour la 2ème cirsconscription de Paris, prétendre qu'elle a refusé un parachutage péri-urbain parce qu'on ne l'achète pas et qu'elle est respectueuse des français, c'est du foutage de gueule en 3D Technicolor. Si cette dame éprouvait un vrai respect pour ses électeurs - sans aller jusqu'au peuple de France car là, c'est vraiment trop grandiloquent pour son niveau, non? - elle n'aurait même pas pensé à briguer un mandat de député puisqu'elle est déjà élue au Parlement européen, si je ne m'abuse. Maintenant c'est vrai que je ne suis pas l'un de ses followers alors peut-être qu'elle a finalement quitté cet endroit qui la gonflait trop ?!

Que François Fillon essaie de se placer à Paris pour en devenir maire un jour, c'est son choix ; que ce faisant, il déserte sa Sarthe d'élection, c'est son droit, et ses concitoyens de Paris et du Mans seront juges. Mais aujourd'hui, François Fillon est libre de tout engagement moral envers ses électeurs potentiels, quels qu'ils soient, ce qui n'est pas le cas de Mme Dati.

Alors à tous les politiques, de droite comme de gauche, qui bataillent ou pleurent auprès de leurs instances dirigeantes pour obtenir un siège de prestige autant que rémunérateur et dispensateur de prébendes et autres avantages, à eux qui, une fois servis par le scrutin uninominal ou de liste, n'ont de cesse de se détourner de leurs devoirs et de leurs charges d'élus pour viser plus haut, au mépris des engagements pris devant leurs électeurs, je dis : arrêtez votre cirque et montrez-vous reconnaissants de l'honneur qui vous a été fait de représenter vos électeurs là où vous-même avez choisi de concourir. Assumez l'ensemble de vos devoirs, au lieu de trainer à la buvette ou de dormir sur les bancs molletonnés de la République. Travaillez, c'est pour cela que vous êtes indemnisés. Et respectez votre mandat jusqu'à son terme, ou alors démissionnez. Mais sans doute que le courage leur manque pour quitter la proie pour l'ombre.... Et après ils vont jouer les vierges effarouchés devant la montée de l'extrême-droite dans les urnes. Mais ce sont vos comportements irrespectueux de la parole donnée, de l'engagement pris, de la désinvolture arrogante envers "le peuple" qui nourrissent la montée des extrêmes, bien plus que la crise financière et économique.

Il y a des jours comme ça où je me dis qu'il faudrait un bon coup de Karcher ... et pas que dans certaines banlieues terrorisées par les bandes... Tiens, et si je me présentais à la prochaine élection ? lol

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Ca cafouille déjà

Le gouvernement est en retard. Et même si il ne va se compter qu'en heures, ce retard fait d'ores et déjà figure de petit caillou dans la chaussure du couple exécutif en terme d'image et de symbole, pour faire allusion à notre post d'hier. Mais plus encore, il préfigure sans doute ce que sera le quinquennat Hollande : une succession d'engagements fermes et clairs, mais impossibles à tenir dans les faits. Aujourd'hui le sujet est anecdotique ; demain il pourrait l'être beaucoup moins... Et ça, c'est un problème.

"Faire ce que l'on dit" et "dire ce que l'on fait" constituent les deux piliers de l'engagement moral. Personne n'a forcé le candidat Hollande à prendre des engagements moraux et des postures vertueuses devant les français. Personne ne l'a obligé à communiquer sur un agenda ou un calendrier de mesures et d'actions à entreprendre sitôt qu'il serait devenu chef de l'Etat. Lui seul s'est obligé, et ce faisant il se doit de tenir parole, sur le fond autant que sur la forme. Lui seul s'est volontairement enfermé dans une prison de contraintes dont il n'a pas, semble-t-il, gardé les clés. Est-ce bien raisonnable ? Est-ce bien sérieux ? 

Il y a un vrai danger à s'emparer des mots en prétendant les incarner. Car les mots comme les idées et les idéaux sont terriblement exigeants. Il faut vraiment être assuré de son coup, certain de son fait ; ou alors ce n'est qu'arrogance. L'homme "normal" ne serait-il qu'arrogant ? Le syndrôme du petit chef l'aurait-il frappé ? Dans votre entourage professionnel ou personnel, vous avez peut-être eu l'occasion de reconnaître ce syndrôme selon lequel celui qui a mal vécu des périodes de brimade ou de vexation n'a de cesse de vouloir se venger du monde entier dès qu'il accède à une parcelle de pouvoir. Or François Hollande en a connu de ces moments difficiles à la direction du parti socialiste puis durant les trois dernières années de candidat solitaire anti-DSK. Les pires attaques personnelles ne sont-elles pas venues de son propre camp ? Les inimitiés les plus profondes ne sont-elles finalement pas entre les frères et soeurs qui composent les hautes sphères du parti de la Rose avant d'être entre le PS et l'UMP ?  

Différer l'annonce  de la composition du gouvernement conduit nécessairement à déduire qu'il y a déjà de l'eau dans le gaz de l'usine socialiste. Mes lecteurs les plus fidèles se rappelleront certains des anciens posts dans lequel j'évoquais les problèmes de gouvernance qu'aurait le capitaine Hollande sur le radeau PS-EELV. On sait déjà que Martine Aubry n'a pas digéré le fait de devoir se contenter d'un portefeuille ministériel, même prestigieux (ou casse-figure) alors qu'en tant que chef du (futur) parti majoritaire elle pouvait se targuer d'être la candidate naturelle et légitime à ce poste. Ah si seulement Sarkozy avait gagné en mai 2012, il aurait eu le droit de subir une cohabitation avec les socialistes, le jeu des triangulaires aidant. Et Martine aurait emporté la mise à la barbe de son vainqueur des primaires, comme elle avait gagné la mise du parti d'étrange manière face à Ségolène Royal  !!! On soupçonnait par ailleurs que certains élus préfèreraient leurs mandats locaux de député-maire plutôt que d'intégrer un ministère potentiellement temporaire puisque ce premier gouvernement devrait s'ouvrir après le scrutin du mois de juin. La règle du non-cumul est suicidaire pour un parti qui détient la plupart des grandes villes de France !! Apparemment le couple Hollande-Ayrault n'a pas anticipé... Ou alors a-t-il été mené en bateau par certains qui ont dit oui avant de se raviser ?! 

François Hollande savait qu'il choisirait son conseiller de campagne Jean-Marc Ayrault pour diriger le gouvernement. C'était son seul choix possible. Jean-Marc Ayrault savaient pertinemment qu'il serait donc en charge de former un gouvernement dès le 6 mai dans l'après-midi. Tout était carré et clair, ce qui a conduit à cet engagement inutile d'annoncer la composition du gouvernement à 16 heures aujourd'hui. Mais non... ce sera vers 19 heures, pour bénéficier du prime-time de l'information du 20 heures. Ne pas tenir ses engagements, même les plus futiles, est d'abord un signe de faiblesse ; ici c'est aussi un signe d'impréparation. Impréparation à la susceptibilité des uns, impréparation à la prise en compte des intérêts ou des choix personnels des autres... Après la pluie et la foudre d'hier, ça ne s'arrange pas vraiment. Et compte tenu des ministres pressentis, ça va continuer dans la même lignée !!!      

 

 

 

Rachida Dati nous offre gentiment l'opportunité de taper un peu sur la droite, histoire d'équilibrer les critiques car ce blog est  

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15 mai 2012

Tout est dans l'image

Une présidence, c'est d'abord une question d'image. A la réflexion, c'est surtout une question d'images, d'images et de symboles. L'image s'imprime d'autant mieux dans l'inconscient du citoyen qu'elle devient une sorte de leit-motiv très commode pour les médias, les très sérieux comme les plus satiriques. Quant aux symboles, ils ne sont bien évidemment jamais choisis au hasard, et souvent ils  constituent d'avantageux paravents pour dissimuler aux regards du public des réalités et des comportements, actuels et futurs, bien moins reluisants que les qualités dont on veut se targuer en se les appropriant. C'est bien connu : le peuple n'a guère de mémoire ; alors, les symboles et les images restent quand les actes, bons et mauvais, droits ou retors, s'effacent rapidement, trop rapidement du conscient collectif. 

Tout au long de son quinquennat, Nicolas Sarkozy a trainé ces deux images qui ont fini par pourrir jusqu'à l'image de sa mandature, vous aurez deviné que je parle ici du "diner au Fouquet's" et du "yacht Bolloré". Régulièrement, il a eu à s'expliquer, voire à s'excuser, d'avoir osé fêter son élection, face à la ligue "Tous sauf Sarko" emmenée par Ségolène Royal, avec ses (riches) amis de droite, issus de la société civile. Mais jamais personne à ma connaissance ne s'est indigné que François Mitterrand ait sa table réservée au même Fouquet's et que bien d'autres socialistes aient leurs petites habitudes dans des restaurants encore plus prestigieux. Mais c'est vrai que Mitterrand y disposait d'un coin discret et qu'à cette époque les journalistes avaient une autre façon de faire... Et le même président Mitterrand aussi avait de riches amis, au passé douteux ou aux activités bien plus "encombrantes" que celles des convives de 2007 ; pourtant les médias ne l'ont jamais ennuyé avec cela. Ce que l'on a retenu de la présidence Mitterrand, ce n'est finalement ni les nombreux mensonges, ni les traquenards, ni les coups de Jarnac, ni les suicidés de l'entourage amical et politique, mais bien la mise en scène de son passage au Panthéon, la rose rouge à la main ; c'est aussi ce profil Hitchkockien, manteau  sombre et écharpe rouge ; c'est enfin cette escapade annuelle à Solutré, entouré de sa cour. L'image, tout est dans l'image....

Régulièrement, la presse et les commentateurs de tous poils se sont acharnés sur la mini-croisière en mer Egée d'une famille dont on saura finalement peu après qu'elle finissait là de se séparer. Nicolas Sarkozy n'était pas encore en charge des affaires de l'Etat et il souhaitait s'extraire autant que faire se peut des paparazzi qui l'entouraient, lui et son couple, depuis des semaines et des mois. Même avec le recul, même en sachant les motivations intimes qui avaient conduit à ce choix personnel, aucun média n'aura, après coup, relativisé "la faute d'image politique" donnée à ce moment-là ; au contraire, c'est sans pitié aucune que l'on reviendra encore et toujours sur ce "scandale de richards".

C'est dire si cette journée, tout autant que les jours qui se sont écoulés depuis son élection, était importante pour le désormais nouveau président de la République. Donner une image qui, au minimum, ne le desserve, ni ne pèse sur ses épaules comme un fardeau tout au long de sa mandature. A-t-il réussi ? La lecture de la presse nous le dira. Sauf que, ces derniers mois, la presse a été largement orientée à gauche et qu'il est donc probable que journalistes et commentateurs prendront leur temps avant de se déjuger sur le personnage Hollande. Le vol de nuit en jet privé du Tulliste "qui voulait vivre ce moment personnel fort, ancré dans la France profonde" mais qui, sitôt les photos prises, s'est empressé de rejoindre une tente à la Bastille grâce au butin du PS ? Circulez messieurs-dames, rien à voir avec le Fouquet's... Pour sûr, la facture est finalement bien plus lourde ici, c'est vrai !! La nomination d'un ex-taulard en sursis (si, si j'exagère mais bon, d'autres l'ont fait bien avant moi, non ? et puis c'est mon blog lol) comme premier chef de gouvernement d'un président qui parle de justice à longueur de tirades "improvisées" et qui, naguère, se refusait à s'entourer de quiconque aurait eu maillle à partir avec la loi ? Ben, non ce n'est pas pareil on vous dit !!! Et puis c'était une pécadille... De toutes les façons, les maires ont toujours privilégié Pierre ou Paul pour imprimer le bulletin de propagande (oops pardon d'information) municipale. M. Ayrault s'est fait prendre, c'est tout et il y a non seulement prescription mais pas de quoi fouetter un chat, car c'est peanuts... Attendez de voir ce qui va se passer avec les fonds publics très prochainement....

Sauf que l'on parlait d'image... Mais non, cette image aussi sera censurée. Alors quelle image à retenir ? Deux en vérité. La première, c'est cette forte pluie qui s'est abattue sur le premier acte officiel du nouveau président élu, en haut des champs élysées. La seconde, c'est la foudre qui a contraint l'appareil présidentiel à faire demi-tour alors que François Hollande se rendait à son premier rendez-vous avec Angela Merckel. Deux images qui n'ont rien à voir avec un quelconque scénario ourlé par de puissants conseillers en communication. Deux images qui témoignent que les temps sont et vont être difficiles, comme cette météo qui a semblé s'acharner sur le président Hollande.

Pour le reste, et en observant par le petit bout de la lorgnette, je ferais la remarque que François Hollande est manifestement toujours conditionné par ses longs mois passés à composer son profil de candidat. Son opiniâtreté à vouloir rompre avec la mandature Sarkozy tourne à un obsession qui en devient malsaine, un peu comme si, devenu orphelin d'un ennemi qui a su se retirer avec grandeur et prestance, il en voulait à son prédécesseur de ne pas se sentir à la hauteur de la tâche qui l'attend. Maintenant qu'il est aux commandes, il ne peut plus se cacher. Quoi que.... Notez quand même qu'il a commencé à tirer la couverture en indiquant qu'il se contenterait de "fixer des priorités", comprendre à charge pour les ministres, et le premier d'entre eux, de s'arbitrer et de se débrouiller par eux-mêmes.... Prélude à de belles cacaphonies en perspective ?

Je remarquerais aussi que son discours pour l'éducation a d'abord été un remerciement à son électorat traditionnel, car les profs, ils sont d'abord de gauche, non?  Celui qui se veut incarner le président de tous les français a choisi de parler d'abord à cette frange du peuple de gauche, le monde de l'éducation. C'est une image forte.

Se fixer sur des mots, pour les rayer du vocabulaire républicain comme le terme "race" ou pour en baliser son quinquennat, risque d'être particulièrement exigeant, et pour tout dire rapidement contre-productif : exemplarité, justice, dignité et sobriété, voilà des mots pour un beau challenge personnel et politique, non tant pour François Hollande lui-même que pour tous ceux qui vont constituer ses équipes de gouvernement. L'exemplarité de Fabius avec le sang contaminé ? Celle de Aubry bourrant les urnes pour effacer la menace Royal sur son poste de première secrétaire du parti ? Les mots ont des définitions, il ne faudrait pas l'oublier au moment de s'en gargariser... Le président a mis la barre très haute....

A demain pour la composition du gouvernement       

 

  de son diner avec ses amis (de droite) de la société civile au Fouquet's, comme il a dû s'excuser de sa mini-croisière en mer Egée sur le yacht de son ami Bolloré, alors même qu'il n'avait pas encore été investi officiellement. François Mitterand, et bien d'autres socialistes, ont, de tout temps, eu table ouverte au Fouquet's (et dans combien d'autres restaurants tout aussi sinon plus prestigieux !)  sans que cela n'appelle aucun commentaire négatif ni la moindre ligne dans les journaux. Le même François Mitterrand avait des amitiés "luxueuses", de grandes fortunes issues de monde de l'art plus que l'industrie,   

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14 mai 2012

Les choses sérieuses commencent demain

A la veille de la nomination du premier ministre, préalable à la formation de l'équipe Hollande-I, la question qui se pose est de savoir si le président de la République nouvellement élu a finalement opté pour un gouvernement de cohérence ou un gouvernement de complaisance. Autrement dit, le premier gouvernement de la présidence socialiste s'inscrira-t-il dans la durée ?  Ou sera-t-il surtout l'occasion pour François Hollande de remercier "chaleureusement" certains acteurs de sa campagne, voire de manière tout symbolique certains "éléphants" de leur soutien actif à sa candidature ? Est-il appelé à être un gouvernement pour rien, uniquement tourné vers l'objectif des législatives ? Ou va-t-il avoir suffisamment de substance pour qu'on puisse deviner, dès mercredi, quelles seront les vraies orientations de la politique présidentielle pour le quinquennat qui s'ouvre demain ? Un gouvernement symbolique d'attente serait une grave erreur politique quand la situation commande de ne pas perdre de temps pour s'atteler aux problèmes économiques et financiers. Un gouvernement de combat anti-crise risquerait de froisser nombre de susceptibilités, rendant le scrutin du mois de juin périlleux.... François Hollande voulait être dans la position de celui qui choisit : il est servi.  

Le choix du premier ministe va bien sûr jeter un premier éclairage sur le sujet. En toute logique, le poste devrait revenir à Jean-Marc Ayrault, lequel présente l'avantage d'avoir été le patron des députés socialistes pendant la mandature Sarkozy après avoir exercé ses talents au perchoir à l'Assemblée nationale pendant la cohabitation Chirac/Jospin. Il répond ainsi parfaitement à la définition d'un premier ministrable selon Hollande, à savoir un "chef de majorité parlementaire". Le second avantage d'Ayrault, c'est qu'il n'est représentatif d'aucun courant affirmé au PS ; à ce titre, il a su, comme Hollande en son temps, faire son chemin entre les différentes chapelles, ce qui fait de lui un autre personnage de concensus dans un parti qui en manque notablement. "Hollande - Ayrault", c'est donc un couple qui peut avoir du sens, sauf qu'à trop se ressembler, ces duellistes risquent fort de faire doublon quand le couple de l'exécutif gagnerait à une complémentarité de caractère et de tempérament, comme a pu l'être le duo "Sarkozy-Fillon" qui a tenu toute une mandature, un exploit sous la Vème République ! En effet, je ne compte pas l'association "VGE-Barre", née des retombées de la crise énergétique de 73 et de la crise politique UDF/RPR, puisque Raymond Barre n'était pas, à l'époque, un homme politique à proprement parler, mais avant tout un économiste technicien.

"Hollande - Ayrault", c'est un attelage sérieux. Mais surtout c'est le seul possible car, sans aucun doute est-ce, pour Hollande, le seul choix raisonnable. Ne serait-il pas, en effet, incongru de le voir choisir un premier ministre parmi les candidats à l'investiture socialiste, qui, chacun, se sont fortement démarqués de sa personnalité, de sa posture et de ses priorités ? Martine Aubry s'oppose à François Hollande quasiment en toute chose, caractère, tempérament, vision idéologique et priorités politiques, sans compter ce lourd contentieux personnel qui existe entre eux deux avec ce "droit d'inventaire" après le changement de premier secrétaire au PS. Un ticket "Hollande - Aubry" tiendrait plus de la cohabitation "Mitterrand-Chirac" de 1986/88. Pour un vrai "changement", tel que promis lors de la campagne, ce serait assurément une réelle première que d'assister à une cohabitation explosive à l'intérieur même de la majorité socialiste ! MM. Montebourg et Valls ne font pas l'unanimité parmi les parlementaires socialistes, mais surtout ils représentent la génération quadra, ambitieuse, celle qui lorgne nécessairement sur l'horizon 2017. Offrir à l'un ou l'autre une possibilité de se mettre avantageusement en avant est un risque politique majeur en début de quinquennat. Quant à Ségolène Royal, tout un chacun comprendra que, pour des raisons personnelles autant que politiques, sa place est en dehors de l'exécutif ; d'ailleurs elle ne fait pas mystère de briguer la présidence du palais Bourbon au sortir des législatives.

De la même façon, il ne saurait être question qu'un "éléphant" soit intronisé chef de gouvernement par François Hollande, Fabius en tête, voire Moscovici, le "DSK par procuration". Un "éléphant" impacterait négativement l'image du "changement". Quant à un "proche", les vrais compagnons de route de François Hollande ne seraient pas à leur place à ce moment précis du casting : le président aura trop besoin de ses quelques et rares fidèles, sur lesquels il sait pouvoir compter, pour les brûler aux premiers accrochages programmés, politiques et surtout sociaux qui interviendront inéluctablement en fin d'année, avec la préparation des arbitrages budgétaires de 2013. Michel Sapin sera sans doute un recours, mais uniquement dans la perspective de la préparation de la campagne de 2017 ; en attendant il devrait être une sorte de "Dominique de Villepin", version secrétaire général de l'Elysée de Chirac, ou, plus courageux en ces temps difficiles, un "Nicolas Sarkozy", version ministre de l'Economie et du Budget.

Petit apparté au passage : voilà le risque immédiat et récurrent de la présidence Hollande. Fidèle en amitié - ce qui n'est pas une tare en soi bien sûr - François Hollande s'est surtout entouré d'un premier cercle issu de sa promotion de l'ENA. Alors quand bien même chacun a son propre caractère, voilà un petit groupe de personnes qui va gouverner une nation à partir d'un référentiel strictement identique, celui de l'ENA et des expériences de postes que cette formation offre à ses diplômés. Faire émerger des solutions novatrices, en dehors des sentiers rebattus par la Haute administration, voilà qui va manquer à la France au moment où il va falloir réinventer les règles. 

Mais revenons à nos moutons : puisque le premier ministre est connu, il reste à mettre des noms sur les ministrables. La presse s'est largement fait écho des bruits de couloir qui, par définition, contiennent leur part de vérité. Mais vont-ils être choisis pour durer ? Combien d'entre eux ne feront-ils qu'un petit tour de piste avant de laisser leur place, à la faveur d'une recomposition de la majorité parlementaire issue des législatives de juin ? Qu'en sera-t-il du cumul des mandats, certains prétendants socialistes à des postes de premier plan exerçant par ailleurs les plus hautes fonctions dans les Conseils régionaux ? Quel sera le degré d'ouverture pré-législatives à d'éventuels représentants du Front de gauche et d'EELV ? Et comment gérer les appétits de l'après juin 2012 ? 

François Hollande a raison de penser que ses cent premiers jours vont être décisifs pour la teneur politique de son quinquennat. Entre les questions politiciennes et partisanes de sa majorité, les engagements à mettre en oeuvre conformément à son plan de route et les saubressauts des conjonctures européenne et internationale, François Hollande va devoir être sur tous les fronts.       M. "Normal" va par la force des choses devoir exercer une hyper-présidence, même si c'est en opposition avec ses convictions. Pour autant, et justement parce qu'il devra être présent sur tous les dossiers chauds du moment pendant ces cent premiers jours, il aura besoin d'être épaulé par un gouvernement solidaire, capable, cohérent dont tous les membres tirent dans le même sens. C'est dire si les choix rendus publics demain et mercredi seront observés à la loupe.      

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