Il y a comme un problème...

02 août 2016

Pendant la guerre, le gouvernement part en vacances

En guerre... Cela fait des mois, pour ne pas dire des années que les plus hautes autorités de l'Etat martèlent cette expression sur les ondes et à longueur d'interviews. La France est en guerre... En réalité, elle conduit des opérations de guerre, au Moyen-Orient et en Afrique, et elle est frappée en retour par des actes de terrorisme, sur son sol ou contre ses intérêts et/ou ressortissants. Car cette France "en guerre" ne se vit pas en état de guerre, pour la bonne raison que le gouvernement français lui-même ne se considère finalement pas en guerre, quand bien même M. Le Drian l'a encore répété ce matin lors de sa visite à Lyon. 

La France n'est pas en guerre puisqu'elle n'est toujours pas régie par les lois de la République qui sont censées être applicables... et appliquées en cas de guerre. A la vérité, derrière les postures, les gesticulations et le verbiage politicien qui ne se comprennent que par l'échéance présidentielle à venir, et tout le mic-mac des primaires qui la précède désormais (faisant fi de l'esprit des institutions de la Ve République, soit dit en passant), se cache un point essentiel qui échappe au débat publico-médiatique : notre arsenal juridique et judiciaire est suffisamment outillé - en matière de boite à outils pourtant, le président Hollande devrait savoir ce qu'il en est ! - pour que le personnel politique n'en rajoute pas une couche à chaque attentat ou à chaque fois qu'un micro se tend devant leur bouche. A la vérité, la France n'a pas besoin d'une énième loi (de réaction en retard) pour affronter le terrorisme et les menaces sur son sol, elle a juste besoin que ses gouvernants prennent enfin la mesure de ce qu'ils disent et qu'ils osent enfin mettre en oeuvre les mesures déjà prévues pour faire face à ce fameux état de guerre. Ni plus, ni moins. Or à ce jour, la volonté politique du gouvernement continue de faillir. Il faudra bien un jour que l'on sache pourquoi les actes ne sont pas en adéquation avec les discours officiels : on voit mal quel peut être l'intérêt d'une telle manoeuvre, à part de finir de décrédibiliser le politique vis-à-vis des citoyens-électeurs ?! 

En guerre donc, si le gouvernement le dit, à n'en pas douter, ce doit être vrai. Alors voici une question toute simple - toute bête aussi : comment se fait-il qu'un gouvernement de pays "en guerre" envisage, ne serait-ce qu'une minute, de partir en vacances durant la quinzaine à venir ?! Les forces de l'ordre, les forces militaires de sécurité sont bloquées depuis des mois avec des charges de travail qui s'accumulent et une impossibilité de prendre des temps de repos dignes de ce nom, mais nos décideurs publics peuvent déserter leur charge en plein conflit (donc !). "Ils n'iront pas loin et ils seront joignables à tout instant". La belle affaire ! La politique, même avec de tels énergumènes, c'est 90% de communication et 10% d'action. Puisque l'action est stérile, pour ne pas dire souvent contre-productive, on pourrait s'attendre à ce que la communication soit irréprochable, pour compenser. Que nenni !

Le quinquennat Hollande avait démarré sur les chapeaux de roue, avec des vacances "normales" d'un président, à peine élu, et de son gouvernement, à peine nommé ! C'était les vacances de MM. Bulots et consorts, parce qu'il fallait bien se reposer après une longue campagne électorale de deux ans ! Parce qu'à la vérité, pour le candidat Hollande, l'élection présidentielle, c'était un but, non le commencement d'une action politique. A objectif atteint, repos mérité ! Il n'est donc en rien étonnant que le dernier été de son quinquennat le voit renvoyer ce même signal d'amateurisme je m'en foutiste, par gouvernement interposé. 

Si on est effectivement en guerre, alors l'Etat politique se doit de montrer l'exemple et ne pas évoquer un seul instant l'idée de "congé", synonyme de désertion. Les ministres en exercice, dont nombreux sont ceux qui auront traversé la mandature Hollande dans le plus parfait des anonymats, auront bien le temps de se reposer dans l'opposition pendant les cinq années qui arrivent !

Décidément, ce quinquennat qui se voulait être plus "juste", plus "apaisé" et plus "normal", aura surtout été marqué par une indécence et une indigence rares. Récemment à la télévision, François Hollande a menti une fois encore aux français en disant qu'il s'était préparé à la charge présidentielle. C'est faux : il n'était pas prêt en 2012 et aujourd'hui il est toujours légitime de se poser la question de savoir s'il serait enfin prêt pour 2017 !     

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20 juillet 2016

Le jeu pervers du candidat Hollande

Le bras politique du candidat Hollande, à savoir le gouvernement français, est-il en train de jouer avec la sécurité des citoyens de ce pays dans la perspective de 2017 ? La minorité hollandaise joue-t-elle le risque de saborder l'avenir de la nation sur l'autel de ses propres intérêts particuliers à court terme ? Comme souvent poser la question, c'est y répondre en partie. Et ces sujets mériteraient d'être débattus sur la place publique, via les organes de presse, plutôt que sur un obscur blog.

Le risque zéro n'existe pas en matière de terrorisme. Cela est d'autant plus vrai quand les dirigeants du pays refusent à l'Etat les moyens de détecter la menace. Bien sûr qu'à tout moment un exalté peut se servir d'une arme par destination pour commettre son odieux forfait terroriste, mais forcément ce passage à l'acte aura été précédé de signaux faibles qui pouvaient être détectés, au premier rang desquels la consultation occasionnelle ou régulière de sites Internet dédiés au salafisme, djihadisme et autre barbarie en isme, si j'ose dire.... On ne me fera pas croire que les moyens actuellement utilisés pour traquer efficacement les cyber-criminels et les réseaux pédophiles ne pourraient pas être temporairement réorientés en priorité sur cette remontée des adresses IP et autres identifiants de connexion pour mieux cibler les potentiels adeptes du passage à l'acte !

Le risque zéro n'existe certes pas, mais aucune des personnes en charge de la sécurité des français ne peut ignorer les modes d'action potentiels de cette menace terroriste, puisque le menu est régulièrement servi par l'EI dans ses publications, complaisamment relayées par les médias, cela dit en passant ! Autant "le soldat islamiste" peut avancer caché, autant son modus operandi est chose connue. Aussi pourquoi rien n'est systématiquement anticipé, concernant les véhicules béliers, la sécurisation des quais de gare et de métro... ? Est-on condamné à réagir plutôt qu'agir ?

Tout le monde sait - et nos dirigeants actuels plus que quiconque dans le pays - que des milliers de sympathisants à la cause du califat sont partis faire leur guerre sainte en Irak et en Syrie, quand ils ne sont pas dans des camps d'entrainement sur le sol européen ou africain. Tout le monde sait qu'à défaut d'être neutralisés définitivement à l'extérieur de nos frontières, ils vont prendre le chemin du retour, à court ou à moyen terme. Quelle mesure concrète a été prise pour anticiper et gérer ces retours ? Où sont les centres de rétention administrative ? Où sont les prisons militaires pour traiter ces combattants ? Quelle procédure a été mise en place pour renvoyer dans leur pays d'origine les ex-résidents non titulaires de la nationalité française ?

Ce n'est pas la prolongation ad vitam aeternam de l'état d'urgence qui va régler ces questions, mais une volonté politique et des actes concrets par delà les postures discursives. Et pourtant, du côté de l'Elysée comme du côté de Matignon ou de la place Beauvau, c'est toujours le calme plat. L'anticipation n'est pas de mise, comme souvent, comme toujours. Est-ce parce que le pouvoir espère capitaliser sur l'émotionnel et le compassionnel ? Il vient de constater avec la tragédie de Nice que la colère gronde. Alors quoi ? Sont-ils à ce point incompétents par essence ? Que nenni...  

Il est troublant de pouvoir imaginer que ce manque d'initiatives, cette passivité face aux évènements sont la marque d'une stratégie politicienne, destinée à influer sur les électeurs de droite quant à leur choix pour Nicolas Sarkozy puis à faire monter un peu plus Marine Le Pen dans la perspective du 1er tour de la présidentielle 2017 ! Pour un mandat de plus, l'Elysée est prêt à jouer notre destin national en 2017. Car à trop imiter son François de référence, ce Mitterrand sanglant des années 50 au ministère de l'Intérieur, fausse victime d'un faux attentat dans les années 60, grand organisateur de mensonges d'Etat sous ses présidences (enfant caché, santé défaillante, affairismes et passé trouble...) et surtout instrumentalisateur du phénomène FN, le candidat Hollande, tout à ses tactiques cyniques, n'imagine même pas le cataclysme qu'il se prépare : une Marine Le Pen élue dès le premier tour, sans possibilité de faire jouer le "sursaut républicain" en sa faveur au second ! Le peuple de France est en colère, et la colère est rarement une bonne conseillère dans les urnes ! Le candidat Hollande veut croire qu'en faisant monter Le Pen, il affaiblira son adversaire préféré Sarko dans les urnes et que sur ce malentendu il rafflera les dixièmes qui le qualifieront au second tour. Ce calcul ne valant que pour Sarkozy challenger, Il lui faut donc fausser au préalable la primaire des Républicains, ce qui est en cours depuis le 14 juillet. Mais les meilleurs plans ont toujours des accrocs, un président en exercice devrait aussi savoir cela...

La France n'est ni faible, ni fragile, elle est juste handicapée par des personnalités qui, à la tête du pays, ne sont pas des hommes d'Etat. Et ça, c'est un vrai problème, plus encore dans un pays en guerre.

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15 juillet 2016

Assez de posture, des actes !!

Depuis le fameux "nous voyons le bout du tunnel" de la période Giscard au "ça va mieux" Hollandais, la France n'a eu de cesse d'être gouvernée par des dirigeants adeptes de la méthode Coué, avec un optimisme jamais démenti qui, au bout du bout, aura généré 3.5 millions de chômeurs, autant de précaires, et contribué à ce que les électeurs se détournent largement des bureaux de vote.

Avec Sarkozy, le pays avait connu une période magique où l'annonce d'une mesure se suffisait finalement à elle-même, ce qui occasionnait des discours en copié-collé puisque la tonitruante annonce était rarement suivie d'effet, et donc de faits. Mais c'était une autre époque, où la bataille était avant tout économique dans une mondialisation en marche.

Le règne normal de François Hollande a instauré le niveau maximal de l'exercice de communication politique, celui de la posture. Et il n'y aurait rien à redire à cela si, comme ces prédécesseurs, il s'était borné à la sphère politicienne et économique. Mais le chef des armées s'est révélé un constant va-t-en-guerre, tenté d'oublier dans les opérations extérieures les nombreux déboires de ses politiques sociales et économiques, sans même parler des scandales politiques et ses soucis de majorité. Il a ainsi multiplié les actions au Moyen-Orient et en Afrique, non qu'elles n'aient pas fait sens d'un point de vue humanitaire ou stratégique, mais sans aucune vision globale et surtout sans aucune montée en puissance de l'adéquation entre outil militaire et affectation de missions. Or, en matière de diplomatie comme en matière militaire, la posture ne saurait constituer un viatique acceptable pour un exécutif responsable.

Une petite parenthèse avant de continuer : qui prend la peine de rappeler dans nos médias que nombre d'intellectuels (donc de gauche), parfois relayés sinon soutenus par des membres de la majorité socialiste, appelaient les jeunes fragilisés de nos banlieues, bi-nationaux ou de confession ad hoc, à s'emparer des printemps arabes pour aider les peuples locaux à l'instauration de la démocratie au Maghreb ? Qui ose se souvenir des mêmes qui militaient pour un volontariat à combattre par les armes la dictature du régime Assad ? Silence radio. Pourtant, ceux-ci - et tous les autres qui, en responsabilité, se sont tus - sont primo-responsables de cette vague jihadiste dont nous subissons désormais le reflux !

Donc François Hollande gouverne aux affaires de sécurité et de défense comme il le fait en politique politicienne, tout en posture, bien secondé en cela par son premier ministre "poing fermé-coup de menton". Et l'on voit le résultat, désastreux.

Puisque le Parlement va, une fois encore, se saisir de la prolongation de l'état d'urgence, largement devenu inutile puisqu'une loi sécuritaire, récemment votée, est censée avoir intégrée les principaux dispositifs dans la législation normale, pourquoi ne pas répondre devant la représentation nationale aux seules questions qui comptent ? Car faut-il le rappeler, la première mission régalienne de l'Etat, son devoir absolu, est de garantir la paix et la sécurité de ses ressortissants.

Ces questions, quelles sont-elles ? D'abord le dispositif Sentinelle a-t-il empêché la moindre commission d'un attentat sur le sol français ? Si, oui quand et comment car d'évidence il faudrait alors l'optimiser ? Sinon, pourquoi s'obstiner à affecter des militaires à des tâches vaines, autres que l'entrainement au combat et la participation aux missions extérieures ?

Ensuite, l'état d'urgence a-t-il empêché la commission d'un attentat sur le sol français ? Si oui, quand, comment et dans quelles conditions, parce qu'à cette heure seules ses failles sont visibles ? Si non, pourquoi le prolonger à nouveau ? 

Enfin, y a-t-il une vraie stratégie pour combattre le terrorisme sur le sol national ? Et les moyens sont-ils réellement mis en adéquation avec celle-ci ?

François Hollande est dans une logique de posture, quand le pays a besoin d'actes forts, concrets et empreints d'efficacité. Pire, le président Hollande se construit un plan "père protecteur de la nation fragilisée" pour muscler la légitimité de sa candidature à sa propre réélection.

Depuis des mois, sinon des années la France est en guerre. C'est un fait. Bombarder et mitrailler là des installations terroristes, là des colonnes de véhicules sur des théâtres extérieurs nous placent dans un état d'opérations de guerre. Il était logique, inéluctable et évident que ces actes de guerre auraient des conséquences en retour sur les intérêts français à l'étranger, et sur le sol national. Quelles mesures concrètes, au plan de la sécurité intérieure, ont été prises par le gouvernement en même temps que le chef des armées poussait ses feux à l'extérieur ? Aucune, puisque le plan Vigipirate est en vigilance orange/rouge depuis des lustres !

Depuis des mois, sinon des années, l'exécutif claironne sur tous les tons que "la France est en guerre". Soit, puisque c'est la réalité. Mais en cela il veut parler de la menace terroriste. Qu'a-t-il mis en place pour que la posture discursive belliciste se traduise dans les actes ? A part les mesures d'exception citées plus haut et dont on mesure qu'elles sont pour rassurer le peuple et amuser la galerie, rien ! Le gouvernement se dit en guerre, il nous dit en guerre mais il n'a pas pris la mesure réelle de ce que cela signifie. C'est une posture, mais en cette matière et à ce stade, c'est plus qu'une erreur, c'est une faute que nous n'avons pas fini de payer en tragédies.

Parce qu'au soir de ce nouveau massacre commis à Nice, le gouvernement est à nouveau dans le registre compassionnel - ce qui se conçoit - et dans les vaines gesticulations - ce qui est proprement scandaleux - , au lieu de prendre des mesures plus que nécessaires, impératives.

J'ai évoqué tantôt la première mesure qui va de soi dans un pays dit en guerre, mais qui n'a pas encore été évoquée par nos dirigeants !! L'ouverture immédiate de prisons militaires pour enfermer terroristes avérés, apprentis jihadistes et tout membre de réseau, toute personne assimilée au combat jihadiste-terroriste qui, avançant sans uniforme et sans signe distinctif, ne mérite aucun traitement dicté par la convention de Genève sur les prisonniers de guerre. Finie la polémique de la cellule de sport, terminées les discussions sur le regroupement des terroristes dans un établissement spécialisé, enfin une solution pour endiguer le prosélytisme dans les prisons de droit commun ! Qu'est-ce que ce gouvernement attend pour prendre enfin la mesure de ses propres discours ?!

Autre mesure, la mise en sécurité immédiate de toutes les personnes suspectes de liens avec les mouvances terroristes avec l'ouverture de centres de rétention, à charge pour l'appareil judiciaire de diligenter des enquêtes pour confirmer/infirmer les dossiers.

Et s'il doit y avoir une intensification des frappes aériennes - posture présidentielle qu'il faut savoir relativiser eu égard aux faibles capacités aériennes dont la France dispose au-dessus de l'Irak et de la Syrie - qu'elle concerne en priorité les état-majors de Raqqa et de Mossoul !

Et pour commencer, que le président de la République vire son ministre des Affaires étrangères - son ex-Premier ministre par ailleurs ! - qui ressucite Saddham Hussein en Syrie dans une prise de parole récente. Etre à ce point diléttante, après un premier lapsus dès sa nomination, cela n'est pas pardonnable si l'on veut être crédible, d'autant plus quand le dit ministre passe son temps à tweeter des observations et des commentaires (sur le Brexit dernièrement) au lieu de se vivre acteur concerné par la question. Depuis quatre ans, M. Ayrault (et d'autres socialistes avec lui !) n'a toujours pas compris qu'il était en charge des affaires du pays, et non un simple spectateur de la chose publique attendant que les choses se passent, que les "planètes s'alignent", que "ça s'améliore". C'est cela le plus préoccupant ! Et comme cela est à l'image de cet exécutif, c'est là tout le problème...   

  

 

Carnage de Nice, une première mesure immédiate

Quelques heures après le carnage de Nice et tandis que les autorités gouvernementales et les politiques de tous bords font entendre leurs réactions compassionnelles, il convient non de réagir sous le coup de l'émotion, mais de poser clairement les mesures à prendre immédiatement, autant pour l'efficacité que pour le symbole.

Et la première qui s'impose découle directement de ce qui nous est seriné depuis des mois et des mois : "on est en guerre". Alors soyez logique, M. le chef des armées, et réouvrez les prisons militaires pour incarcérer sous régime strict tous ceux qui, aujourd'hui, dans les prisons françaises, ont tout loisir de diffuser leur propagande islamiste en profitant des avantages confortables de notre démocratie attaquée.

Il est inacceptable de considérer ces "soldats de la honte" à l'instar des délinquants et criminels habituels.Puisque la France est en guerre, et puisque ces fanatiques du jihad avancent camouflés au milieu de la population pour mieux la frapper, ils ne doivent, ils ne peuvent pas être considérés comme des troupes bénéficiant des lois de la guerre selon la convention de Genève. Point besoin d'un Guantanamo dégradant pour les valeurs républicaines, mais à tout le moins une prison sous régime spécial pour protéger les primo-délinquants de leurs influences néfastes d'une part, et pour sécuriser le pays de façon plus efficace, étant entendu que tous les jihadistes de retour en France y seraient aussi regroupés à titre de précaution, s'ils n'ont pas pu être neutralisés définitivement avant. 

Tant que cette mesure ne sera pas prise, nos dirigeants continueront de faillir à leur tâche première, celle de garantir la paix et la sécurité à leurs concitoyens. S'il est clair que le risque zéro n'existera jamais, il est néanmoins inacceptable de se contenter de mots sans cesse ressasés. 

Non la France n'est pas fragile ou fragilisée, M. le candidat Hollande a tort. C'est son pouvoir exécutif qui l'est avant tout, parce qu'il n'ose pas aller au bout de sa logique discursive. Que les membres du gouvernement s'occupent effectivement des affaires de l'Etat, et non de la campagne de réélection de leur chef ou de leurs carrières respectives. Des mesures claires, des ordres clairs et une doctrine d'engagement avec une vision globale, voilà ce dont la France a urgemment besoin.   

  

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07 juillet 2016

Euro et Hulot

Le microcosme politique a une nouvelle fois démontré son inutilité à mettre en place des solutions viables pour le devenir du pays, concentré qu'il est sur ses propres échéances carriéristes et sur ses ambitions, ministérielles ou présidentielles. Affligeant spectacle que ces quatre mois de "débats" conclus par un nouveau 49.3, après six autres mois stériles passés sur la question de la déchéance de la nationalité. A se demander si cette représentation nationale est à la hauteur des défis et des enjeux d'une France livrée aux soubressauts européens et à aux dangers de la mondialisation. Disons qu'elle est à l'image de cette présidence de François Hollande : inapte et inepte.

Aussi, à quelques heures de la demi-finale de l'Euro de football qui va opposer les équipes de France et d'Allemagne, il apparaît plus intéressant de s'interroger sur un point fondamental : est-il vrai que "seule la victoire est belle" ?

Dans un sport individuel au sens large, qui dans mon esprit va jusqu'au cyclisme, il est assurément indiscutable que c'est bien la victoire dans une confrontation "mano a mano" qui est susceptible de créer une légende en même temps qu'un palmarès. Plus que la manière, c'est le résultat, autrement dit la capacité à gagner qui l'emporte, surtout si ces victoires s'inscrivent dans un temps long, année après année.

En sport d'équipe, et donc en football, la réponse mérite d'être beaucoup plus nuancée, parce qu'au delà du résultat, la manière compte. Il n'y avait qu'à suivre les commentaires d'après match sur la France à cet Euro, avec des consultants et des journalistes allant jusqu'à discréditer le résultat lui-même, et par là le jeu et l'équipe. Simplement gagner ne suffirait pas. Partout ailleurs, la gagne suffit à la liesse plus ou moins populaire. En France, il faut aussi le beau (jeu), le panache.

A l'exigence de la victoire fait écho l'exigence de la manière. En fait, une équipe ne saurait se résumer à une addition d'individualités ; une équipe, c'est d'abord un supplément d'âme, une énergie qui transcende, l'idée du surpassement. Quand cette alchimie s'opère, quand l'équipe devient un vecteur d'émotions, il se crée une communion dans le partage au sein du groupe et avec le public, il y a de l'enthousiasme qui rayonne, il y a du bonheur qui inonde. Au final, qu'importe que l'adversaire se montre plus réaliste ou qu'il soit plus chanceux - et donc victorieux ; qu'importe que l'équipe perde après avoir combattu de haute lutte et "tout donné" pour parvenir à son objectif, car c'est bien la manière, c'est bien le scénario du match, c'est bien ce vécu du collectif qui génère cette émotion qui nourrit chacun de nous. Ce n'est pas vrai que les français aiment "les loosers" ; ils sont en recherche de flamboyance, d'éclats, et d'émotions, même si cela doit être synonyme de défaite,    

Ce soir, le sélectionneur de la France sera face à un choix : jouer pour essayer de ne pas perdre ou essayer de jouer pour gagner. La première option validera l'idée - très partagée - que, oui, seule la victoire est belle ; la seconde ouvre la porte à l'épique, à la légende, quelle que soit l'issue de la rencontre, car il vaut toujours mieux jouer sa chance que se la refuser quand elle est à portée de main.

Cet aparté footballistique me permet de rebondir sur la politique,comme le ballon sur la pelouse, avec le choix de Nicolas Hulot de refuser la bataille présidentielle. On peut comprendre les raisons qui pousse "ce chantre de l'écologie et de l'humanisme" à renoncer à s'exposer aux coups bas, au dépoussiérage de ses placards et autres fouillage de ses poubelles, ce qui, au passage signifierait qu'il y a bien des cadavres planqués quelque part. Pour autant, son attitude est loin d'être valeureuse en cela qu'elle discrédite ce personnage public qu'il a su façonner au fils des années et plus encore qu'elle est une négation du "combat de sa vie", la prise de conscience que l'écologie doit être au centre des décisions publiques et des orientations socio-économiques. Par ce refus, il amoindrit ses prises de parole sur l'urgence des changements à opérer pour faire face aux défis climatiques et environnementaux ; elle dénature son lobbying auprès des acteurs publics dont il a laissé entendre qu'ils n'en font pas assez ; il refuse à la conscience écologique de s'installer pour cinq années à la table de toutes les négociations internationales. Après les Droits de l'Homme, héritage des siècles passés, la France aurait pu porter le Droit Ecologique, ou Droits du Vivant, pour éclairer le monde. 

Sans doute, Nicolas Hulot n'a-t-il pas la carrure pour endosser un costume présidentiel. Mais je doute que, bien entouré par des hommes d'Etat issus des Républicains, du Centre et de ce qu'il reste du camp socialiste - ce qui aurait pu se concevoir avec un électron libre tel que lui - il ait pu faire aussi mal à la France que François Hollande ne l'a fait durant ces quatre dernières années.J'ajoute que la seule perspective de voir se rejouer la présidentielle 2012 aurait dû être, chez lui, l'élément déclencheur de sa décision à concourir librement, sans le soutien d'aucun parti politique, à la course présidentielle.

Peu importe qu'il ne soit, ni se sente "homme providentiel", personne ne l'est aujourd'hui dans le microcosme politicien, et plus personne ne le sera dans la France du XXie siècle, et surtout pas les "redites de 2012". Il est d'ailleurs surprenant qu'il ait choisi cet argument, quand une gouvernance bien organisée et efficace ne peut être que collective, pour parvenir à ce supplément d'âme et d'adhésion qu'apporte l'esprit d'équipe. Dans la Nature, tout est lié et interdépendant dans une coopération symbiotique. Nicolas Hulot, en connaisseur des mécanismes naturels, aurait pu, aurait dû tenter pour aller au bout de son engagement en s'en inspirant.

Il serait bien inspiré désormais de prendre du champ avec la sphère politico-médiatique : le pays n'a pas à subir l'influence de ces éternels donneurs de leçons qui ne vont jamais au bout de leur logique. Pour le coup, il n'y a dans ce renoncement ni la beauté d'une possible victoire, ni la flamboyance d'une lutte qui aurait été finalement perdue. Compte tenu du spectacle proposé par la Gauche et du risque revanchard à Droite, cela est plus que dommage, c'est une faute.

 

 

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